Cette semaine au boulot…

avril 14, 2007 at 11:21 (Travail (UNIFEM - VIH))

Eh bien voilà, je vous raconte ce qui s’est passé cette semaine et la semaine dernière à l’UNIFEM région andine (dept. 3 du VIH/SIDA). J’ai assisté à 3 “talleres” (ateliers). Un de 3 jours du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), ce qui était plutôt une école de capacitation pour les responsables municipaux et des employés de différentes entreprises (des pétrolières surtout parce qu’il y en a beaucoup en Équateur). On a appris à organiser notre propre atelier de sensibilisation au VIH/SIDA, c’est-à-dire qu’on nous a donné des outils pédagogiques de connaissances, sensibilisation/concienciation, et action sur le VIH/SIDA. C’était super intéressant et interactif aussi. Entre autre, on a pratiqué la pose de préservatifs sur le “dildo” (ca s’appelle comme ca ici) en bois que vous pouvez admirer sur la photo. On nous a passé des vidéos et livres aussi. Donc, je me retrouve à devoir organiser mon propre atelier pour sensibiliser l’équipe de l’UNIFEM région andine (30 employés) au VIH/SIDA, avec une perspective de genre bien sûr.

Le deuxième atelier c’était mercredi dernier, c’était sur les droits de la personne et le VIH/SIDA avec la Coalition écuatorienne de Personnes Vivant avec le VIH/SIDA (PVVS). C’était pas mal, on en est venu a la conclusion qu’il n’y a pas beaucoup de lois qui protègent les droits des PVVS en Équateur (mais il y a un cadre juridique), sauf que les lois ne sont pas souvent appliquées….(oui, ca on se l’imaginait). Mais bon, il y a eu des bonnes propositions…J’ai appris aussi que le droit du travail ici ne protège pas vraiment les employés: c’est légal pour les entreprises de renvoyer leurs employés sans raison, en leur donnant un petit peu d’argent (genre 500-1000$ après 11 ans de travail!). Ca s’appelle “renvoi intempestif” et c’est une pratique très répandue, surtout pour se défaire des PVVS. Et beaucoup d’entreprises font la preuve du VIH obligatoire pour leurs employés, ce qui est illégal, mais puni seulement par une amende de 50 à 200$ (par entreprise!).

Et hier je suis allée à une conférence de la coopération allemande (GTZ) en Équateur. C’était une présentation des résultats de leur “parcours participatif sur le VIH/SIDA: valeurs, droits et amour” (financé aussi par le Fonds Global sur le VIH/SIDA). On a commencé par écouter l’hymne national allemand et ensuite l’équatorien…C’est un projet de plus de 500,000$, executé en un an, dans 6 provinces de l’Équateur. L’avantage avec cette méthodologie c’est qu’elle a permis de sensibiliser 133 000 adolescents (et leurs professeurs et parents indirectement) sur le VIH/SIDA, ses modes de transmission, les droits des PVVS etc., d’une facon interactive, avec des jeux etc., mais le gros désavantage c’est que c’est une sensibilisation express (1h 15 en groupes de 50 ado de 13 à 18 ans), et que finalement, ca ne fonctionne qu’avec les écoles publiques (qui sont toutes laiques). 40% des écoles sont privées (catho ou évangélistes), et bien sûr, elles ne veulent pas enseigner que le préservatif existe et que ca sert à lutter contre les MST…Mais bon, c’est quand même un gros gros projet avec un impact significatif.

Ensuite, on a préparé la mission de notre directrice à Buenos Aires (sa présentation PPt), pour le 4è Forum Latinoaméricain et des Caraibes sur le VIH/SIDA et autres MST. C’est un méga forum de 3000 participants et qui va aborder tous les thèmes pratiquement liés au VIH/SIDA, j’aimerais trop y aller…Mais bon, on en est pas encore là.  Elle doit parler d’un thème qui n’est pas vraiment la spécialité de l’UNIFEM: “l’hétérosexualité comme nouvelle vulnérabilité”. On a fait le lien entre hétérosexualisation et la féminisation de l’épidemie. Depuis 2 dizaines d’années, les programmes de VIH/SIDA se sont centrés sur les “groupes de risque” qui ont été désignés (les travailleurs du sexe, les utilisateurs de drogues intravéneuses, les homosexuels) comme plus en risque que les autres face au VIH/SIDA. Mais depuis pas mal de temps, les statistiques montrent que le VIH/SIDA ne discrimine pas et s’est répendu à la population générale.

Ici en Équateur, 79% des femmes atteintes du VIH sont des femmes au foyer! Elles sont infectées par leur mari, qui sont infidèles et ne se protègent pas. Ici, les 2/3 des PVVS ont été infectées via des relations heterosexuelles. Le danger: pour la plupart des hommes ici (et dans bcp d’autres pays), les préservatifs sont pour les homosexuels ou travailleuses du sexe, alors que les statistiques montrent que ce sont les hommes hétérosexuels les plus atteints.

2 commentaires

  1. Claire a dit,

    Quelle privilege est celle-ci, de pouvoir inaugurer ton blog!!! Il est super bien fait, donc deja je te felicite… ca a l’air INCROYABLE ce que tu es en train de faire la-bas – c’est sur, ils t’embauchent apres! J’ai vu que tu m’as envoyé de la doc interessante, alors je vais vite la lire. Je te fais de gros gros bisous et a Nacho egalement, continue comme ca supernini xxx Claire

  2. P'tit Da a dit,

    Coucou Nini
    Trés sympatoch ton blog et ca me motive de plus en plus pour venir en Equateur en Octobre. Faudra quand meme dire a ton chef de ne pas laisser trainer ces objets perso (tu sais le sex toys) dans son bureau ca la fout mal s’il rencoit du monde.

    Bon d’apres ton lexique :
    qué bestia super vacán (euh pas le sens guay) tu Blog esparo tiene chance en tu nueva vida. Bon j’ai pas reussi à caser rond point et a vrai dire ca veut sans doute strictement rien dire ce que j’ai écrit.

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